Le bohneur, maintenant!
Notre société de consommation nous a parfaitement bien conditionnés à dépendre de besoins et de circonstances extérieures pour accéder au fameux « bonheur ». À suivre les scénarios préapprouvés par la masse : étudier, avoir les meilleures notes, gravir les échelons corporatifs pour atteindre un meilleur salaire, acheter une voiture, acheter une maison, avoir un chien, trouver un.e partenaire de vie rapidement et sceller le deal en estampant le tout d’un contrat de mariage.
Après, il faut produire ta descendance. Alors vite : un enfant, ou deux, ou même trois. Mais n’oublie pas qu’il faut aussi voyager, rénover ta maison pour qu’elle suive les dernières tendances, créer un potager pour assurer ta nutrition « bio » et prendre soin de ton corps. Il faut être beau, attirant, propre et sentir bon. Tu dois aussi être positif parce que les gens n’aiment pas les râleurs. Et surtout, travaille bien ta marque personnelle pour que le plus de gens possible t’aiment. Être aimé. Être reconnu. Réussir. C’est ça, le bonheur.
Ah oui? Vraiment?
C’est drôle. Ça n’a pas marché pour moi. Et quand je regarde autour de moi, pas tellement pour la plupart des gens non plus.
Pendant des années, j’ai cherché éperdument le bonheur dans chaque recoin : un nouveau projet, un nouveau poste, des achats compulsifs, des voyages tous plus fabuleux les uns que les autres. J’ai gravi les échelons corporatifs. Je suis reconnue pour mon expertise. Je prends soin de mon corps et je m’entraîne. J’ai mon potager, ma voiture, ma maison. Je voyage. J’ai produit un humain. J’ai deux chats et un chien. Donc techniquement, je suis censée planer dans l’extase, right? Pas tout à fait.
Quand notre bonheur dépend de l’extérieur
J’ai longtemps attribué mon bonheur à trois choses : la reconnaissance des autres, le travail bien fait — autrement dit, la performance — et le fait d’être en couple. Et tout ça m’a amenée tout droit dans le gouffre.
Le pire, c’est que tu ne te rends même pas compte que tu es dans le gouffre. Il n’y a pas de panneau lumineux qui s’allume : « Fanny, bienvenue dans le gouffre. Nous espérons que tu apprécieras ton séjour. » Les symptômes sont présents et absents en même temps. C’est ce mal-être qui remonte pendant les périodes tranquilles, quand il n’y a plus rien à faire ou quand tu te retrouves seul.e avec toi-même. C’est cette fatigue qui ne passe pas vraiment, même quand tu te reposes. Cette impression que ce n’est jamais assez.
Alors tu restes occupé.e pour ne pas être confronté.e à ce qui remonte. Et on le fait tous à notre manière. Certains vont au gym, d’autres jouent aux jeux vidéo, certains se perdent dans leur travail, d’autres habitent littéralement dans leur téléphone. Il faut remplir. Bouger. Scroller. Produire. Acheter. Prévoir le prochain projet. Parce que s’arrêter peut devenir inconfortable.
Trouver le bonheur ici et maintenant
Ça m’a pris pratiquement la moitié de ma vie pour comprendre quelque chose d’assez simple : si je suis incapable d’être heureuse ici et maintenant, dans mes circonstances actuelles et avec ce que j’ai aujourd’hui, le prochain accomplissement ne me sauvera probablement pas.
Notre cerveau est incroyablement doué pour s’habituer. La nouvelle voiture est extraordinaire… pendant un moment. Le nouveau parfum. Le nouvel emploi. Le nouveau voyage. Le nouveau chum. La nouvelle maison. Puis tranquillement, ce qui était exceptionnel devient normal. Et nous voilà repartis à la recherche du prochain « high ».
Encore.
Comme si le bonheur se trouvait toujours juste après la prochaine étape.
C’est là que j’ai commencé à me poser une autre question. Pas : « Qu’est-ce qui me manque pour être heureuse? », mais plutôt : comment est-ce que j’apprends à ressentir ce qui est déjà là?
Ce que l’intelligence positive m’a appris sur le bonheur
J’ai récemment lu Rayonnez grâce à l’intelligence positive, de Shirzad Chamine, et ce livre m’a beaucoup aidée à mettre des mots sur quelque chose que je ressentais sans réellement savoir l’expliquer. Chamine parle du quotient d’intelligence positive, ou QIP. En résumé, il s’agit de notre capacité à faire en sorte que notre esprit travaille pour nous plutôt que contre nous.
Dans son approche, il y a d’un côté nos « saboteurs » : ces réflexes mentaux automatiques qui se développent souvent pour nous protéger, mais qui finissent parfois par nous enfermer dans la peur, le jugement, le contrôle, l’hyperperformance, l’évitement ou le besoin constant d’approbation. De l’autre côté, il y a ce qu’il appelle notre « Sage » : cette partie de nous capable de prendre du recul et de regarder ce qui se passe avec davantage de calme, de curiosité, de discernement et de compassion.
Et là, plusieurs morceaux du casse-tête se sont placés pour moi. Pendant longtemps, j’ai cru que ma recherche constante de performance me rapprochait du bonheur. Mais si cette performance était parfois simplement un de mes saboteurs? Si cette voix qui me disait « encore un peu plus », « fais mieux », « prouve ta valeur », « assure-toi qu’on te reconnaisse » n’était pas réellement en train de m’aider? Si elle me maintenait simplement dans un état où je devais constamment mériter ma valeur?
Revenir au moment présent
Une des pratiques proposées dans le livre m’a particulièrement interpellée : les « PQ Reps ». Le principe est extrêmement simple. Pendant quelques secondes, tu ramènes ton attention vers une sensation physique au lieu de rester absorbé.e par tes pensées.
Tu peux regarder les feuilles d’un arbre bouger et réellement observer leur mouvement. Fermer les yeux et écouter les différents sons autour de toi. Sentir l’eau chaude sur ta peau sous la douche. Prendre quelques respirations en remarquant le passage de l’air dans tes narines. Frotter doucement deux doigts ensemble et observer la sensation. Boire ton café en prenant réellement le temps de le goûter.
Pendant quelques secondes, tu es simplement là. Pas dans ce que tu aurais dû dire hier. Pas dans ce qui pourrait arriver demain. Pas dans ton téléphone. Pas dans ton prochain objectif. Là.
Chamine propose de répéter ces micro-exercices régulièrement afin d’entraîner notre attention, un peu comme on entraînerait un muscle au gym. Et cette image m’a frappée. Nous parlons énormément de prendre soin de notre corps. Nous comptons nos pas, nos protéines, nos entraînements, nos heures de sommeil. Mais combien de fois dans une journée entraînons-nous notre capacité à revenir dans notre propre vie?
C’est probablement le mot que je retiens le plus : revenir.
Revenir à mon corps. À mes sens. À ce qui se passe maintenant. À ce que j’ai plutôt qu’à ce qui me manque. À la personne qui se trouve devant moi plutôt qu’à la notification qui vient d’apparaître sur mon téléphone. Au soleil sur mon visage. À mon chien qui dort à mes pieds. À mon fils qui me raconte quelque chose que je pourrais facilement écouter à moitié en faisant autre chose. À mon café chaud. À ma maison. À ma respiration. À cette vie imparfaite qui est déjà en train de se produire pendant que j’attends encore qu’elle commence.
Le bonheur ne veut pas dire arrêter de vouloir plus
Je ne pense plus que le bonheur signifie être positive tout le temps. Je ne pense pas non plus qu’il signifie se contenter de tout, abandonner ses ambitions ou arrêter de vouloir évoluer.
Je veux encore voyager. Créer. Réussir. Aimer. Gagner de l’argent. Avoir des projets. Faire grandir mon entreprise. Découvrir des endroits magnifiques. Acheter parfois des choses complètement inutiles simplement parce qu’elles me font plaisir.
La différence, c’est que j’essaie de ne plus leur donner la responsabilité de me rendre heureuse.
Parce que c’est beaucoup trop de pression à mettre sur un emploi, une maison, un voyage, un partenaire ou même une autre personne.
Peut-être que le véritable travail est plutôt d’apprendre à ne plus constamment reporter notre permission d’être heureux. Quand j’aurai ce poste. Quand j’aurai plus d’argent. Quand je serai en couple. Quand j’aurai perdu cinq livres. Quand les enfants seront plus grands. Quand cette période difficile sera terminée.
Quand…
Et pendant ce temps-là, notre vie se déroule.
Maintenant.
Aujourd’hui, j’essaie donc quelque chose de différent. J’essaie de remarquer. De ralentir suffisamment longtemps pour ressentir les choses que mon cerveau considère déjà comme acquises. Certains jours, j’y arrive mieux que d’autres. Mais peut-être que le bonheur n’est justement pas une destination permanente. Peut-être que ce sont des petits moments qu’on apprend simplement à ne plus manquer.
Et toi, si absolument rien ne changeait dans ta vie demain matin, qu’est-ce que tu pourrais déjà apprécier aujourd’hui?
Si tu as l’impression de toujours courir après la prochaine chose qui devrait enfin te rendre heureuse, ou que tu souhaites apprendre à te reconnecter davantage à toi-même, c’est exactement le genre de réflexion que j’explore dans mes accompagnements. Je propose un appel découverte gratuit de 30 minutes pour échanger sur ce que tu vis et voir si le coaching peut t’aider à retrouver plus de clarté, de confiance et d’espace intérieur.
Réserve ton appel découverte de 30 minutes et commençons par regarder où tu en es aujourd’hui — pas où tu penses que tu devrais déjà être.